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Dans les années 70,
le grand acteur français
Jean Gabin
a enregistré sur disque
ce poème de
Philippe Grenn et
Jean-Loup Dabadie.



Maintenant
JE SAIS...

Quand j'étais gosse, haut comme trois pommes,
J'parlais bien fort pour être un homme.
J'disais : « Je sais, je sais, je sais, je sais ».
C'était le début, c'était le printemps...

Mais quand j'ai eu mes 18 ans,
J'ai dit : « Je sais, ça y est, cette fois je sais! »
Et aujourd'hui, les jours où j'me retourne,
J'regarde la terre où j'ai quand même fait les 100 pas,
Et je n'sais toujours pas comment elle tourne.

Vers 25 ans, je savais tout :
L'amour, les roses, la vie, les sous ;
Tiens oui, l'amour, j'en avais fait tout le tour !
Et heureusement, comme les copains,
J'avais pas mangé tout mon pain.

Au milieu de ma vie, j'ai encore appris.
Ce que j'ai appris, ça tient en 3 - 4 mots :
Le jour où quelqu'un vous aime, il fait très beau.
J'peux pas mieux dire, il fait très beau !

C'est encore ce qui m'étonne dans la vie,
Moi qui suis à l'automne de ma vie.
On oublie vite tous les soirs de tristesse,
Mais jamais un matin de tendresse.

Toute ma jeunesse j'ai voulu dire « Je sais »,
Seulement plus je cherchais et puis moins je savais.
Il y a 60 coups qui ont sonné à l'horloge.
Je suis encore à ma fenêtre,
Je regarde et je m'interroge.

Maintenant, je sais, je sais qu'on ne sait jamais.
La vie, l'amour, l'argent, les amis et les roses,
On ne sait jamais le bruit, ni la couleur des choses
C'est tout ce que je sais, mais ça, je le sais !



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